Mardi 7 avril 2009

Le dimanche dernier, a eu lieu la French Inline Cup à Nimes organisée par le club des krokorollers .

C'est une épreuve de vitesse pour ceux qui ne savent pas ce qu'est la F.I.C (un circuit de compétition de course ou les gens font des tours en pelotons habillés de combinaisons de lycra et avec des patins à roues gigantesques).

Il y avait plusieurs formats de compétitions ce jour là, je n'en retiens que 2: le marathon (41 km) réservé aux pros (psychopathes du roller, lévriers du patin à roues alignées) qui roulent plus vite qu'un scooter d'origine (50cm3) et l'OPEN (réservé aux retraités des marathons, passionnés non professionnels et autres déboussolés comme moi qui n'ont pas le droit au marathon). Autant dire que dans les deux courses, le temps de survie sur la bande d'arrêt d'urgence n'était pas très long.

Bref, inscris à l'OPEN (eh oui en plus faut payer pour se faire massacrer), je décide d'enfiler ma combinaison de Spiderman à 10h (tout seul en général je n’ose pas sortir comme ça de la salle de bain alors imaginez dans la rue) heureusement les 169 autres inscrits sont aussi déguisés en super héros (y a même du « superman » on dirait).

La course est prévue pour 11h15, il est temps de faire le récapitulatif des ustensiles de cuisine: j'ai mon casque (obligatoire et indispensable), un caleçon (on sait jamais si ça craque), des protèges-poignets, coudières, genouillères en kévlar (les chute ça gâche le bronzage pour l'été), le cardio-fréquence mètre... ok, la puce électronique (pour comptabiliser les tours), la fameuse combinaison en lycra qui prouve aux autres que j'ai arrêté le nutella depuis 3 semaines et bien sûr mes patins (S3 + platines venom 3X100+1X90) avec des roues Matter tant appréciées.

N'oublions pas l'aspect nutritionnel (une bouteille d'eau dans le dos et 2 petits tubes de pâte sucrée dans la manche).

Sur la ligne de départ, je stresse ou alors j'ai hâte, je sais pas trop !! Même bien plus que pour une compétition de slalom, c'est peut-être mon corps qui sait ce qui l'attends et qui dit "tu peux encore te barrer dans l'autre sens ni vu ni connu... c'est maintenant".

Tel un ado qui va passer le bac sans avoir réviser en espérant la mention bien, je décide de tenter l'aventure et de toute façon je n'ai rien d'autre à faire.

Pan !! le coup d'envoi est donné, ça pousse derrière, ça pousse devant, moi je n'ose pas toucher des gars habillés en tutu alors je préfère pas pousser... j’enclenche le chrono de mon cardio pour comptabiliser les tours et voir le rythme cardiaque (et si possible les calories brulées).

Dans les premiers virages, il n'y a pas encore vraiment de pelotons, il faut alors rouler parfois seul, parfois à coté de gars que l’on ne connait pas et parfois certains ont des patins bizarres (ah non, ça c'est les motards de la télé qui passent devant et que l'on ne reverra jamais...).

Après la première montée (qui te rappelle que le dos c’est un élément du corps super important) on commence à distinguer quelques pelotons (du moins autour de moi, car devant le TGV des patineurs de tête est déjà parti).

Le principe du peloton est génial, je l’ai découvert il y a quelques années mais j’ai pas pu le tester souvent : si t’es tout seul, autant dire que tu as perdu la course, c’est comme un train qui a délesté un wagon, tu ralentis, tu ralentis, tu sens que le vent est super fort (même quand y en a pas ) et tu te retournes toutes les 10 secondes en te demandant si y a pas un p’tit con qui s’amuse à tirer sur ta combi pour te ralentir.
Quand tu es dans le peloton tu as plusieurs possibilités : Si tu es débutant (comme moi à ma première course) tu as la pêche au début et tu es devant fier de mener derrière toi au moins 5 à 7 patineurs que tu sais largement plus fort. Tu trouves même que dans les petites montées ils n’ont vraiment rien dans le lycra. Mais tu apprends bien vite que le mec qu’est devant en fait c’est un lièvre, c’est celui qui se prend tout le vent dans la gueule et qui permet aux autres gugus de derrière de prendre une tasse de thé en attendant que t’aies plus rien à donner.

Cette année, je ne me suis pas fait avoir !!! sauf une fois dans la deuxième montée, avec une accélération fracassante (passage de 160 à 198bpm sur mon cardio) je double les 8 patineurs devant moi avec un élan de puissance (je sais pas d’où je la sors) et un « allllleeeezzzzz !!! »… qui se transforme rapidement en un « ehhhh meeeerdeee » 30 mètres plus haut et en me retournant, seul (au monde).

Bref, le deuxième tour se passe sans trop de problème, deux patineurs tombent assez loin devant moi (ouf… le malade qui l’a poussé s’est même pas excusé, c’est pas cool).

Arrivée au 3e tour (sur 12), en cliquant sur ma montre, je me rencontre que j’ai poussé le mauvais bouton, ça a arrêté le chrono et donc le comptage de tours (dans l’immédiat rien de bien grave mais mes capacités mentales diminuant tour après tour, je ne sais pas comment rectifier ça alors je dois compter dans ma tête… autant dire que je suis perdu).

Heureusement la partie cardio-fréquencemètre continue à fonctionner pour me rappeler que je suis constamment dans le rouge (186 bpm de moyenne) et mes poumons de non-fumeurs sont devenus schizophrènes.

Les tours s’enchainent et se ressemblent,3, 4, … 7, 8, 9… la fatigue se fait sentir surtout dans les jambes et la cuisse droite me fait comprendre que si je continue les crampes vont s’intensifier et me bloquer sur place. Alors je lui fais comprendre que c’est pas le moment de flancher… deux petites gorgées d’eau et on repart, pas plus vite, mais plus motivé…

Devant moi un groupe de 2 patineurs (à ce niveau de fatigue, au-delà d’un patineur tout seul, tout ce que tu vois devant toi c’est un groupe auquel te raccrocher parce que le vent de face te ruine ton énergie et ton cardio-fréquencemètre te rappelle qu’il est encore à 189 et qu’il aime pas ça) est presque à portée de roue, j’accélère (je savais pas que je pouvais encore) et je le recolle et on continue donc quelques tours à trois avec une bonne cadence. Je reste le plus souvent en 3e position incapable de prendre le relai mais ça me permet de récupérer un peu.

Soudain, oubliant mon expérience première, je décide dans un élan de générosité envers mes camarades de galère de passer devant. C’est dans ces moments là qu’on apprend à mieux se connaitre, lors que l’on approche ses limites… et qu’on prend la mauvaise décision.

C’est donc de cette façon que j’ai pu terminer mon 10e tour de nouveau largué par une poussée d’adrénaline inopportune.

Heureusement je parviens à me faire un copain (catégorie Vétéran bien en forme) avec qui je partage les douleurs de la montée et les récupérations de la descente. On s’aide un peu et on s’encourage tandis que les tours continuent de passer. Arrive le moment crucial et tant redouté ou il n’y a plus qu’une seule chose qui compte : « J’en suis à combien de tours, c’est le dernier ou pas ???? »

Mon nouvel ami vétéran (non c’est pas une maladie au contraire) avec moi me dit que c’est fini, qu’on a passé le 12e tour et il s’arrête sur le côté mais mon cerveau n’en est pas convaincu et commence à élaborer une théorie des plus tordue : « imagine que le gars avec qui tu as terminé les derniers tours t’aies en fait pris un tour une demi-heure plus tôt, il se trouve alors que tu as un tour de retard et que tu as donc fait 11 tours, si tu t’arrêtes maintenant, t’es un looser ». A ce moment là, je me dis qu’il est plus judicieux de continuer en me disant après tout quitte à faire un tour de plus c’est pas si grave mais je le fais à un rythme me permettant de penser de nouveau. Arrive donc une fois de plus la montée qui fait mal aux cuisses et la descente que je repasse vraiment en mode repos, jusqu’au moment ou j’aperçois derrière dans le virage opposé mon pote jacques avec qui j’avais fait la plus grosse partie du début de la course et là je me dis « s’il continue lui aussi c’est donc que c’est encore le 12e tour et donc je viens de perdre un temps fou.. quand je pense aux gens que j’ai laissé me doubler, j’ai les boules… !! ».

Dans un dernier élan de rage (ou de désespoir…) j’attaque la dernière montée de toutes mes forces (et à voir le cardio afficher 169 bpm alors que mes cuisses sont dans le coma autant dire qu’il n’y en a plus du tout) et heureusement je fini sans me faire doubler.

Première bonne nouvelle, la course est fini, je vais pouvoir remettre une tenue décente et me poser un peu mais la vraie bonne nouvelle c’est qu’en fait j’ai fait 13 tours. En effet, mon pote jacques ne me voyant pas à l’arrivée avait supposé que ce n’était pas fini et à donc lui aussi continuer…

La journée continue pour moi changement de patins (S3 carbon avec platines courtes, ça fait du bien de retrouver ses bébés chéris aux pieds) avec une petite démo de slalom rapide à l’espace aménagé pour les enfants et ça me fait très plaisir de voir les jeunes du club des krokos faire des enchaînements à plusieurs.

17h30, c’est l’heure du retour chez soi. Une bonne journée de passée, une bonne course pour bien se défouler et surement une nouvelle participation l’année prochaine je l’espère.

Merci les krokos et merci powerslide (pour les patins et le costume de vitesse).

 


 

 





Par Skali - Publié dans : Competitions et slalom - Communauté : Slalom Freestyle Roller
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